Comment reconnaitre le bonheur quand on le croise?

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Le bonheur, une aiguille dans une meule de foin.

Pourtant, le type qui cherche cette aiguille à beaucoup plus de chances de la trouver que quelqu’un qui cherche dans cette même meule de foin quelque chose dont il ne sait rien.

Evident non?

Dans la vie, nous sommes tous occupés à courir après le bonheur mais savons-nous vraiment ce qu’il est? Serions-nous capable de le reconnaitre si nous tombions dessus?

Le plus souvent, quand on parle du bonheur aux gens, ils ne nous parlent pas du bonheur mais de ce qui fait le bonheur. Ils parlent des moyens à mettre en oeuvre ou des conditions à créer pour accéder au bonheur.

Mais ils ne parlent pas du bonheur.

Ce n’est pas un sujet facile et ceux qui se risquent à définir le bonheur se brulent le plus souvent et tombent dans la prose philosophique.

Je n’ai rien contre mais est-ce vraiment ce dont on a besoin?

 

Voyons ce que nous en dit l’ami Wiki:

« Le bonheur est un état durable de plénitude, de satisfaction ou de sérénité. Un état agréable et équilibré de l’esprit et du corps, d’où la souffrance, le stress, l’inquiétude et le trouble sont absents ».

Vous en pensez quoi?

Perso, ça me fait penser à une fin de soirée bien arrosée quand je suis devenu le meilleur ami du monde entier et que rien ne semble pouvoir m’atteindre; que mes barrières tombent et ma confiance en moi est à son maximum. Je suis simplement bien, malgré les nausées, et je suis juste dans l’instant.

Mais continuons;

Wiki ajoute: « Du point de vue de l’étymologie, le bonheur est l’aboutissement d’une construction… ». 

Je me pose une question: Faut-il comprendre que le bonheur se construit où qu’il est le résultat d’une construction?

Lao Tseu nous à laissé cette citation que nous connaissons tous: 

« Il n’y a point de chemin vers le bonheur. Le bonheur est le chemin ».

Alors cela voudrait dire que le bonheur nait du fait de construire et pas de la construction elle même! 

Que dire du Marathonien?

Pensez-vous que courir sur des kilomètres ne soit que pure plaisir ? 

Courir est pour partie souffrance physique et morale et pourtant, le marathonien continue de courir. Pourquoi?

Peut-être simplement parce que son bonheur est dans la course bien plus que dans le passage de la ligne d’arrivée.

Bien sûr, l’arrivée concrétise pour lui un aboutissement, un dépassement et une forme de reconnaissance. Mais l’arrivée est surtout pour lui le moteur dont il à besoin.

 

Le Marathonien se fixe un objectif qui lui parle et qui adresse l’un de ses besoins fondamental, le besoin de reconnaissance, d’amour. 

Probablement pas juste la reconnaissance des autres mais aussi et surtout se propre reconnaissance. 

Il intègre alors positivement la souffrance de courir comme une nécessité pour assouvir son besoin. 

Courir le rend alors heureux. Souffrir en courant le rend heureux. 

Et tout le monde n’est pas prêt à souffrir de la sorte, cela rend son activité d’autant plus honorable et sa reconnaissance d’autant plus forte.

Le Marathonien gagne donc son bonheur sur le chemin qui le mène à sa ligne d’arrivée.

Mais le Marathonien ne pourra pas passer sa vie à courir.

Comment faire alors pour que le bonheur perdure?

Le plan dont on hérite le plus souvent nous vient de nos parents et de nos sociétés. Fonder une famille, se réaliser à travers son emploi et grâce à lui, gagner de l’argent afin de « profiter » de la vie et être en sécurité. Ce serait ça le chemin le plus court vers le bonheur?

C’est en tout cas ce plan là que j’ai suivi à la lettre ces quarante dernières années et pourtant ça n’a pas suffit à garantir mon bonheur.

C’est fou mais cela ne suffit pas.

Alors c’est quoi le bon plan?

Là où Wiki à raison, c’est qu’il ne faut pas confondre le bonheur avec la joie ou le plaisir. Ce sont des émotions passagères. 

Bien sûr elles font du bien par où elles passent. C’est d’ailleurs pour cela qu’on cherche à les reproduire le plus souvent possible. 

Mais elles sont piégeuses.

C’est ainsi que l’on pourrait avoir envie de boire tous les soirs.

Après tout, c’est tellement bon d’être le roi du monde.

Si une émotion comme la joie n’est pas une garantie de bonheur, il est aussi important de se rappeler qu’une émotion forte comme la tristesse ne veut pas dire non plus qu’on est sortis du bonheur.

Comme la joie, la tristesse est aussi une émotion. Elle est juste de passage.

C’est comme cela qu’on peut pleurer un être chère sans pour autant être malheureux. Triste et momentanément abattu oui mais pas profondément malheureux.

Le bonheur est décidément bien compliqué à définir en effet.

Il semble bien plus facile de parler de comment l’atteindre.

Pourtant je ne veux pas tomber dans cette facilité car je sais que la recette est différente pour tous.

Peut-être alors serait-il plus facile de parler de ses effets?

Après tout, c’est à travers ses effets sur nous que nous pourrons le mieux le comprendre.

Le premier qualificatif qui me vient est LA PAIX.

Imaginez une belle journée ensoleillée. C’est le week-end et vous n’avez rien de prévu. Rien. Même pas une course à faire où un truc à finir à la maison. Rien.

Je sais, vous me direz que ça n’arrive pas mais essayez juste d’imaginer un instant.

Imaginez-aussi que vous savez exactement quoi faire de cette journée.

Que ce soit juste vous assoir à l’ombre d’un pommier pour y lire un bon roman.

Que ce soit vous coucher dans l’herbe avec votre fille ainée et parler de la vie.

Que ce soit juste vous blottir au fond de votre hamac et regarder les hirondelles passer à toute vitesse au dessus de votre tête en chassant les mouchettes.

Ce que vous voulez……Imaginez. Faites-en une journée de rêve où vous êtes juste vous et ce qui fait la vie.

Que ressentez-vous?

Paix, douceur de vivre, contentement. Aucun tiraillement. Aucune tension.

Juste le temps qui passe, la vie qui coule doucement et vous qui en profitez.

Vous me direz que ce n’est pas possible, que même dans ces conditions, vous allez penser à tout ce que vous aurez à faire dès le lendemain. Que vous allez culpabiliser quand même à l’idée de perdre du temps à ne rien faire au lieu d’avancer dans ce que vous avez à faire. Je pourrais contester ça mais cet article n’est pas l’endroit pour ça.

Juste, imaginez et ressentez. 

Si vous en êtes capables, alors vous pouvez imaginer la paix. Si vous pouvez imaginer la paix alors vous pouvez comprendre une partie importante du bonheur.

Le sentiment d’équilibre , de plénitude et de paix intérieur.

Tel que Wiki en parle dans sa définition.

C’est quand la dernière fois où vous avez pleuré de joie? Pas pleurer de rire mais bien de joie, d’émotion.

Tout à coup sans qu’on comprenne bien pourquoi, on est touché, les émotions nous submergent et les larmes viennent.

On pleur et pourtant, ça fait du bien.

Pourquoi?

Parce que simplement on est vivant. Parce que simplement on vit intensément un moment vrai. Un moment de partage. On est alors au plus prêt de ce qu’on est vraiment et de ce qui fait la vie.  On est dans le partage d’un instant qui prend toute sa valeur.

On se sent vivant et en phase.

Ces sentiments sont accessibles pour tous. 

Pourquoi pas pour vous? Pourquoi pas maintenant? Pourquoi pas souvent? Pourquoi pas toujours?

Si les sentiments et les émotions ne sont pas le bonheur, ils en sont toutefois les composants concrets. 

Mais ne tombons pas dans le piège.

Les émotions sont des guides mais tout comme une boussole, il faut apprendre à s’en servir sous peine de se perdre. Il faut avant tout savoir où l’on est, où l’on va et comment lire la boussole pour trouver le bon chemin.

Joseph Campbell a écrit: «  Suis ton bonheur et l’univers t’ouvrira des portes là où il n’y a que des murs ».

Vous savez, le bonheur est pour moi dans chaque pas que l’on fait. A condition de les faire dans la bonne direction. Celle qui nous est dictée par notre coeur et nos émotions vraies. Car c’est à travers elles que notre véritable nous s’exprime. Ce nous qu’il nous faut contenter.

Les portes s’ouvrent alors avec facilité au fur et à mesure des pas que nous faisons. Des petits riens de notre vie apparaissent alors des particules de bonheur qu’on apprend à apprécier toujours de plus en plus facilement à mesure qu’on se laisse porter et qu’on apprend de la vie.

Il est alors de plus en plus facile d’être heureux car le bonheur appelle le bonheur. Le tout est de s’y mettre. De commencer à entrevoir les portes là où les autres ne voient que les murs.

C’est accessible pour tous. Même pour les Marathoniens convaincus.

Il faut juste savoir par où aller et avancer pas à pas.

Mais ça, c’est une autre histoire.

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4 réflexions au sujet de « Comment reconnaitre le bonheur quand on le croise? »

  1. Pleurer d’émotion, de joie. Je reprends : « Tout à coup sans qu’on comprenne bien pourquoi, on est touché, les émotions nous submergent et les larmes viennent. On pleur et pourtant, ça fait du bien.
    Pourquoi? Parce que simplement on est vivant. Parce que simplement on vit intensément un moment vrai. Un moment de partage. On est alors au plus prêt de ce qu’on est vraiment et de ce qui fait la vie. On est dans le partage d’un instant qui prend toute sa valeur. »
    Je t’ai parlé de cette expérience de 10 jrs de méditation Vipassana, il y a tt juste 1 an. Lors de la dernière journée de silence, après la méditation d’amour et de compassion, tout le monde est sorti de la salle, dehors. On pouvait reparler après 10 jours de silence. Et j’ai été prise de sanglots, de pleurs intenses. Je ne voulais pas reparler, c’était trop fort pour moi. Je cherchais à m’isoler , me cacher pour laisser couler toutes ces larmes qui devaient sortir la 10è journée de méditation, à raison de 10h/jr. J’ai encore du mal à mettre des mots que cette émotion. Je sais que j’ai ressenti un amour immense, inconditionnel et universel. Un pardon, une libération. Les mots que tu as mis dans ton texte m’ont rappelé cet évènement, et j’ai pensé que c’était bien du bonheur, même si les larmes coulaient à flots…
    Bien à toi,
    D’ailes Fines

    1. Merci pour ce beau partage Delphine. Je suis très ému à l’idée des émotions fortes qui t’ont parcourues dans ces instants de transitions.

  2. Jai trouvé ton blogue en essayant de comprendre ce qui m’arrive dans la vie. Tu mas bcp aidé, tes textes expliquent tout ce que je vis depuis 8 mois : une crise existentielle depuis que j’ai su que je vais vraiment partager ma vie avec un homme. Tout comme toi j’ai suivi le chemin que ma mère ma tracé. Jai finis les études universitaires, j’ai trouvé un emploi, je me suis mariée, et tout à coup mon côté spirituel cherche à se developper. Cette paix dont tu parles je l’ai connu, mais lorsque j’ai compris que je dois être en paix pas seulement avec les autres, mais aussi avec moi même tout à chamboulé dans mon entourage. Personne a pu digérer le calme et la paix qui s’installe chez moi, tout le monde dit que j’ai changé, mais en réalité j’aime tellement les interactions que je passe plus de temps à les observer que de parler sans arret comme je le faisais avant.
    Jai compris que je faisais tout le temps plaisir aux autres sans vraiment me demander ce qui ferait plaisir à moi, tout était parfait avec moi selon les autres, je m’imposerais presque pas, il était facile de me dire n’importe quoi et je ne me fâchais pas. Suite à mon mariage, jetais tellement heureuse et confuse, je me demandais qui jetais vraiment, je connais tout mon temps à mon mari et sa famille, je me faisais pratiquement rien avec lui tout seule, je passais du temps en belle famille 3 à 4 fois par semaine et c’était une évidence pour lui. Je me voyais réduite à faire que cela, j’étais bien avec ces gens, mais plus le temps passe plus je me rend compte que je ne fais plus rien pour moi, je ne voyais pas mes amies, je ne faisais plus d’activités physique, je n’avais pas de vie en dehors de mon mari et sa famille. Jetais tellement anxieuse à l’idée de disparaître et d’oublier qui je suis en réalité , alors j’ai décidé d’écrire un livre autobiographique pour me rapprocher des origines, certains souvenirs mont fait pleurer de joie, d’autres mont fait pardonner les gens de ma famille qui mont fait du tort, je me sens heureuse à chaque fois j’écris. Je me sens en paix maintenant même si ma belle famille jasent dans mon dos avec mon mari du fait que je ne vais plus chez eux comme je le faisais avant je ressens encore de l amour et du respect pour eux. Quand je les vois, je me sens bien, mais je ne vois pas comment leur expliquer que ma vie ne se résout pas qu’à passer du temps avec eux. Ils disent de comprendre, mais yen a qui me saluent plus lorsque je vais chez eux. La pyramide de Maslow je lai connu a l’école, mais jamais essayer de voir a quel stade est ma vie, si je comprend bien je suis à la phase ou je veux faire plaisir à moi, m’aimer pour celle que je suis, avoir de l’estime pour moi. Je ne prend plus les décisions pour faire plaisir aux autres, je pense à moi aussi, C est dur, mais je commence à peine à me sentir honnête envers moi et les autres.

    1. Bonjour Marie,

      Merci de partager ainsi ton expérience de vie avec nous.
      Elle ne peut que nous inspirer même si comme tu l’avoue, ce n’est pas évident.
      Pourtant, te suis convaincu que ta démarche est la bonne.

      Notre environnement, nos actes, nos croyances,…tout cela devrait être aligné, en cohérence totale avec notre NOUS profond.
      Cette recherche d’équilibre est un long processus qui se fait à travers une meilleure connaissance de soi.Nous avons besoin de temps, d’énergie et d’aide pour cela. Notre entourage à là un énoooorme rôle à jouer à ce niveau mais il n’est pas facile de trouver les mots pour le leur faire comprendre si eux mêmes ne sont pas dans cette démarche. Pourtant, je ne peut que t’encourager à communiquer du mieux possible avec ces gens que tu aimes.
      L’écriture à quelque chose de magique. Elle nous permet de prendre le temps de conscientiser nos pensées et de construire peu à peu notre raisonnement, sans toujours devoir revenir à zéro parce que le « devoir » nous appelle ailleurs à tous moments.C’est aussi un exutoire et je suis heureux d’apprendre qu’a toi aussi, l’écriture à permis une forme d’apaisement. Faire la paix avec ton passé comme tu sembles vouloir le faire est une excellente chose.Indispensable même. Ces émotions retenues dans ton passé agissent comme des ancres qui te plombent et t’empêche d’avancer. Je pense qu’en fin de compte,le passé est ce que nous en faisons. On peut même le corriger. Par exemple de la manière dont tu sembles le faire, mentalement, par le pardon.
      Chaque nouvelle victoire ouvre d’autre portes et chaque porte qui s’ouvre, c’est un pan de mur qui disparait et notre vision des choses qui s’élargit. Sincèrement. Thierry

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